L'Horizon de Lin
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Vingt ans ont passé sur le fleuve Le vent a l'odeur d'une épreuve Je retrouve le bois de la tour Usé par les vents et les jours Le sel me pique un peu les yeux C'est beau de redevenir vieux La radio chante sur les ondes Pour toutes les âmes seules au monde Les vagues cognent sur le granit Comme un vieux refrain qu'on invite Sous le faisceau qui découpe le noir J'ai retrouvé le sens de l'espoir Le sel sur ma peau, le cœur en paix Ici, le temps ne compte jamais C'est ma terre, c'est mon port Là où le fleuve devient fort Oh, le fleuve est si fort Je suis enfin au port Au bistro, le café est trop noir On y raconte les mêmes histoires Les pêcheurs n'ont pas vraiment changé Juste un peu plus de rides à partager Les étoiles sont trouées par la lampe Qui veille encore au bord de la rampe Sous le faisceau qui découpe le noir J'ai retrouvé le sens de l'espoir Le sel sur ma peau, le cœur en paix Ici, le temps ne compte jamais C'est ma terre, c'est mon port Là où le fleuve devient fort J'ai couru le monde et les plaines Pour oublier l'eau et mes chaînes Mais le Saint-Laurent m'a rappelé Un fils prodigue, un peu exilé L'harmonica pleure sur la grève Réveillant le fond de mes rêves Je n'aurais jamais dû m'éloigner De ces falaises et de ce métier Garder le feu, veiller sur les marins C'est là que se dessine mon destin La brume se lève sur le quai Je suis enfin là où je voulais Sous le faisceau qui découpe le noir J'ai retrouvé le sens de l'espoir Le sel sur ma peau, le cœur en paix Ici, le temps ne compte jamais C'est ma terre, c'est mon port Là où le fleuve devient fort
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