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Le ciel est bas sur le canal Le vent me fait un peu de mal Mes vieux bouquins prennent la poussière Sous une lumière de fin de terre Je vends des rêves à trois francs six Pour oublier que le temps glisse Les gens s'en vont, le col levé Sur ce miroir de vieux pavés Ils ne voient pas que je m'efface Comme une rature dans l'espace C'est du blues au papier jauni Un Novembre qui n'en finit L'odeur de pluie sur les reliures Et ton absence en déchirure On tourne les pages, on s'habitue À cette ville aux rues perdues Je me souviens de tes vingt ans Tu courais plus vite que le temps Tu préférais les poètes maudits Aux promesses d'un paradis Aujourd'hui l'encre a un goût de fer Et je regarde passer l'hiver Un vieux piano joue dans le noir Un air qui n'a plus beaucoup d'espoir La contrebasse soupire un peu Sous ce plafond de coton bleu C'est du blues au papier jauni Un Novembre qui n'en finit L'odeur de pluie sur les reliures Et ton absence en déchirure On tourne les pages, on s'habitue À cette ville aux rues perdues C'est pas la peine de faire un drame J'entretiens juste une petite flamme Entre un Maupassant et un Hugo Je soigne mes maux avec des mots C'est l'ironie du vieux libraire Qui finit seul avec ses vers Un client passe, il cherche un titre Je vois son ombre sur la vitre Il repartira avec un secret Que j'ai déjà lu de trop près La nuit s'installe sur le quai Le rideau tombe, je suis fatigué Mais je reviendrai demain matin Vendre les restes du destin C'est du blues au papier jauni Un Novembre qui n'en finit L'odeur de pluie sur les reliures Et ton absence en déchirure On tourne les pages, on s'habitue À cette ville aux rues perdues
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