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Les Marges d'Autrefois

Lucien

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Testo

L'aube dessine des fils de soie
Le vieux bois chante sous mes doigts
La poussière danse en éclat de roi
Le silence est mon seul toit

Rayons obliques sur les dos fatigués
Grimoires de cendre et rêves naufragés
Le papier jauni livre ses secrets
Sous le vernis des longs regrets

Dans les marges, ton écriture
Bleu de plume, ancienne blessure
Mots de verre, cris de velours
L'écho lointain de nos amours
Tout s'efface, mais tout demeure
À cette étrange et dernière heure

Le chat s'étire sur le cuir
Regardant les ombres s'enfuir
La tasse est froide, le thé amer
Comme un parfum de vieille mer
Rien ne presse, tout est fini
Dans ce jardin d'encre et de nuit

Un trait de plume sous le Baudelaire
Ton âme vive, ton esprit clair
Tu notais là tes plus grands effrois
Au bord des pages, loin de moi

Je ne cherche plus la bataille
Ni le fer, ni la moindre faille
Je caresse juste le temps
Qui s'effiloche entre mes dents

Dans les marges, ton écriture
Bleu de plume, ancienne blessure
Mots de verre, cris de velours
L'écho lointain de nos amours
Tout s'efface, mais tout demeure
À cette étrange et dernière heure

C'est une paix qui vient s'asseoir
Dans le creux doux de ce miroir
La mélancolie a changé de face
Je ne pleure plus le vent qui passe

Je referme le livre, l'âme apaisée
Le soleil inonde la pièce brisée
Tu es là, cachée dans chaque virgule
Reine de l'ombre et du crépuscule

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