L'Ascenseur de Minuit
Lucien65 diputar
L'aube dessine des fils de soie Le vieux bois chante sous mes doigts La poussière danse en éclat de roi Le silence est mon seul toit Rayons obliques sur les dos fatigués Grimoires de cendre et rêves naufragés Le papier jauni livre ses secrets Sous le vernis des longs regrets Dans les marges, ton écriture Bleu de plume, ancienne blessure Mots de verre, cris de velours L'écho lointain de nos amours Tout s'efface, mais tout demeure À cette étrange et dernière heure Le chat s'étire sur le cuir Regardant les ombres s'enfuir La tasse est froide, le thé amer Comme un parfum de vieille mer Rien ne presse, tout est fini Dans ce jardin d'encre et de nuit Un trait de plume sous le Baudelaire Ton âme vive, ton esprit clair Tu notais là tes plus grands effrois Au bord des pages, loin de moi Je ne cherche plus la bataille Ni le fer, ni la moindre faille Je caresse juste le temps Qui s'effiloche entre mes dents Dans les marges, ton écriture Bleu de plume, ancienne blessure Mots de verre, cris de velours L'écho lointain de nos amours Tout s'efface, mais tout demeure À cette étrange et dernière heure C'est une paix qui vient s'asseoir Dans le creux doux de ce miroir La mélancolie a changé de face Je ne pleure plus le vent qui passe Je referme le livre, l'âme apaisée Le soleil inonde la pièce brisée Tu es là, cachée dans chaque virgule Reine de l'ombre et du crépuscule
Memuat…